Une Autre Vie, Un Autre Monde...

textedunjour

Chapitre 1-1 (chemin des mirages)

le 19/06/2007 à 18h16
Chapitre 1 - 1 Poursuite


L'homme en noir fuyait à travers la Terre du Crépuscule vers les Terres Perdues .
Ce terrain était une grande étendue de végétation, aux contreforts parsemée de longues fougères rampantes sous chaque arbre doté, d’assez de puissance pour les accueillir. Le Fidjia, un fleuve qui traversait le continent et longeait la frontière des Champs De Vie, notre individu habillé de noir l'avait longé, presque de toute sa longueur, alors qu'il n'était qu'un jeune adolescent.
Se référant à ses souvenirs d'entant, il avait opté pour le longer et bifurquer plus tard. Il devait avant tout réussir à fuir, et être prêt à tout pour réussir. Il venait d’échouer lamentablement sur le contrat qu'on lui avait confié. En regardant les choses d’un côté positif, l’homme en Noir savait maintenant se qu’on ressentait lorsqu’on faillit.
Il avait reçu comme mission de faire « disparaître » définitivement le conseiller du roi de la Terre
du Crépuscule, mais pour une raison qu'il ignorait, il avait retenu son geste au dernier moment, quoique pas assez vite, le conseiller reçu une légère entaille au niveau du torse. Une blessure superficielle mais saignant abondamment. Il avait aussi échoué dans sa fuite, les Gardes Royaux l'avaient remarqué au pied de la muraille et lancé la chasse après lui : Aujourd’hui il savait juste une chose, le roi avait pris le tête du détachement qui le pourchassait à travers des collines sauvages.

 

Le soleil finit par se laisser glisser derrière les Monts Avents et abandonna le ciel à la lune qui émettait une douce lueur à travers cet univers qui avait vu tant d’Ères se succéder au fil des siècles. Tant de légende devenir mythe et tomber dans l’oubli.
Alors l'homme en Noir consentît à s'arrêter pour la nuit, afin que ses membres fatigués et endoloris par la marche forcée puissent se reposer. Son corps et son esprit étaient stimuler par la fuite, mais même cela rendait l’homme à l’état qu’il était : un simple humain. Il trouva aux alentours des baies comestibles et des Avenyss, sorte de pommes couleur rouge sang qui ne poussaient qu’aux pieds des Monts Avents. Il les mangea, ne voulant pas puiser sur ses vivres pour l'instant, préférant les garder pour des moments plus critiques. Il chassa avec réprobation de sa tête l'idée de faire un feu. Il n’aurait pas froid cet nuit, sa cape de toujours lui tiendrai une nouvelle fois compagnie. Peu avant dans la matinée la pensée d’abandonner l’harnachement complet se son cheval lui était venue, mais finalement il y  avait renoncer.
Il prit la cape, la posa sur un rocher non loin et entreprit de déseller sont étalon.  Une fois la chose faite, il enleva sa chemise, découvrant un torse musclé, et de larges épaules. On pouvait bien voir que chaque muscle avait été travaillé dans un but spécifique. Quand à son dos, il avait la marque de trois sillions, aujourd'hui seul les cicatrices demeuraient. Ses blessures étaient cicatrisées physiquement, mais jamais ne guériraient mentalement, trop de souvenirs y étaient attachés.
L'homme en Noir prit la cape couleur ailes-de-corbeau et l'entoura autour de lui. Se cheveux coupés court, eux aussi noirs, le faisait presque passé invisible sous les rayons de lune. Malgré cela, ses yeux verts, striés de petites lignes noires, arrivaient à distinguer tout le paysage autour de lui.
Il avait remarqué cette particularité neuf ans auparavant, toute fois il n'en avait jamais touché mot à personne…
Avant de se laisser sombrer dans le sommeil il prononça tout bas ces quelques phrases :    «Alma ibn ammar os lys tempys …»
C'était étrange, comme on abandonnait mots et geste d’une enfance passée il y a de nombreuses années, et comme d'autre s'accrochaient fermement et accompagnaient toute une vie au fil des années…
Il s'allongea contre un rocher et la brise chantante au clair de lune vint lui remuer ses cheveux ...


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Chapitre 1 - 2


Il avait atteint un des nombreux affluents du fleuve Fidjia. Guidant son cheval, il  entreprit de le lui faire traverser, puis fit une pause de l'autre côté. Il s'assit avec lassitude sur la berge, laissant les fins brins d’herbe lui chanter un air du vent. Le soleil avait atteint son zénith, l’heure la plus chaude de la journée était arrivée…une marche pénible semblait l’attendre.
Il réfléchit un moment, puis décida de ceindre son épée. Il l'avait suspendue sur sa selle pour mieux pouvoir marcher, mais le péril, devenant de plus en plus pressant lui fit prendre des précautions.
Elle était plutôt courte, avec un équilibre étonnant entre le manche et la lame, bleue métallisée, des plantes grimpantes étaient gravées dessus. Son manche était noir, mais ne possédait pas de garde ; d'ou sa particularité. Il disposait également d'un poignard qu'il gardait nuits et jours sur lui, une vielle habitude …

 

Il marcha toute la journée, menant toujours son cheval le long da sa bride. Artjia n'était qu’autre qu'un étalon noir, puissant et vigoureux à la fois, cependant d’un caractère bien farouche. Il avait cinq ans, issu d'un croisement de plusieurs races, mais surtout de celle des chevaux du Désert.
Des papillon voletaient parmi les quelques prairie qu’ils traversèrent, s’enfuyant lorsque l’un deux écrasait par mégarde un fleur sur la quel ils s’étaient posé.
Le déclin de l’horizon se fit discerner derrière le rideau d'arbre vers la fin de la journée. L’homme en Noir décida de s'arrêter dans une vallée surplombée de falaises, d'ou elle tirait son célèbre nom : les Gorges de Falvallji. Falvallji signifiant éternité.
 En s'arrêtant, en prenant du temps pour récupérer, il savait bien qu’il faisait une grave erreur, qu’il fallait continuer pour ne pas se faire rejoindre par les Gardes Royaux, toutefois la fatigue qui parcourait son corps, l’emporta très vite sur son sens du danger.
Il ne descella pas son étalon, puis marcha en direction d'une souche, sûr la quelle il s'appuya et attendit que le sommeil viennent à lui, se laissant porter dans son inconscience. Dans un pays fabuleux qu’on appelle songe. Au cœur d’un univers propre à chacun.

 

Cette nuit là, il ne dormit que par brides, somnolant à la lumière des étoiles. C'est peut être ce qui lui sauva la vie, car une flèche à la pointe empoisonnée, vint se ficher dans la souche à quelques millimètres de sa tête…
L'homme en noir sursauta, et se redressa d'un bond spectaculaire, puis retomba sur ses pieds avec agilité. En plusieurs secondes, il détailla les alentours et distingua tout de suite d'où elle venait. Le tireur se trouvait à 300 mètres de lui, il était accompagné de plus d’une quinzaine d'homme monté.
« Non » se retrouva-t-il à penser  « c'est impossible, impossible, ils n'ont pas pu. »
Mais pourtant ils étaient là, devant lui. Tous le haïssait pour ce qu’il avait tenté de faire, il le savait. La haine, ce sentiment qui nous pousse au-delà de toutes frontière que nous dresse notre corps et notre conscience.
Un rictus se dessina sur les lèvres de l’homme en noir, et d'un geste presque imperceptible pour des yeux humains il bondit derrière un massif de végétation, et siffla Artjia. Aussitôt une nuée de flèches s'enfonça dans le sol, à l'endroit précis où il se trouvait un instant plus tôt.
Un cor retentit dans la nuit, un bruit de sabots martelant le sol ce fit entendre dans la vallée. Les Gardes Royaux avaient lancé la charge, leurs chevaux partirent tous au galop, mais l'énergie qu'ils avaient n'était pas celle de chevaux de frais, ils ne pourraient pas tenir cette cadence très longtemps étant donné que leur cavalier les avait menés à un rythme d'enfer pour pouvoir gagner une avance considérable.

 

Au sifflement de son maître, Artjia se dirigea en flèche jusqu'au massif. L'Homme en Noir sauta d’un mouvement leste en croupe, et d'une impulsion de son mollet, son étalon détala à travers la vallée. Ils était allégé par rapports à leur poursuivant, qui eux portaient leur couchage et d’autres choses bien encombrantes.
C'était une poursuite de nuit, où l'on distinguait un homme seul à l'avant, et un groupe plus en recul.
Artjia sauta par dessus un tronc abattu par le temps, ses poursuivants le suivaient toujours et le talonnaient de près. L'homme en noir avait du mal à semer ses traqueurs sur ce terrain escarpé, alors il décida de se diriger vers la Chute d'eau, avec l'espoir secret de traverser le torrent et que la résonance de l'eau sur la pierre couvre les bruits de sabots et qu'il puisse peut être trouver le moyen de s'échapper.
Puis d'un mouvement de jambes, il fit prendre la direction du torrent à Artjia. Son étalon gravit alors une petite colline et la descendit au galop le long d'un sentier pentu, fit quelques mètres, et s'élança pour franchir un amas de terre glaiseuse. Il faillit perdre l'équilibre en retombant sur le sol, mais était parvenu à retrouver un pied sur sûr, parmi cette terre rocailleuse.
Ils étaient arrivés au bord de la berge, et le courant était plus ou moins rapide.
Il donna une forte impulsion au niveau des cotes de sa monture et elle fit un bon dans l’eau.
Le courant était tel qu’ils se firent emporter sur une trentaine de mètres avant de recouvrir un équilibre passable. Un sifflement retentit dans le dos de l’Homme en Noir, et une flèche vint se ficher dans son l’épaule ce qui lui arracha un cri de douleur. Un remous lui la brisa, précipitant l’expansion du poison dans ses veines.
Plusieurs hennissements retentirent, ils lui firent tourner la tête, et il vit les chevaux des Gardes Royaux sombrer à leur tout dans le courant. Les pierres surplombant la cascade venaient de s’écrouler.


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chapitre 2-1 (chemin des mirages)

le 19/06/2007 à 20h56
Chapitre 2 -1 Au Coeur des Souvenirs

Lorsque l’Homme en Noir reprit connaissance, il était allongé sur le bord de la rive. Il voulu se relever, mais son bras blessé l’élança  à telle point qu’il retomba à genou, plié en deux par la douleur, serrant les dents pour ne pas laissé échapper un gémissement.
Il resta ainsi longtemps, jusqu’à ce qu’Artjia vienne le sortir de sa torpeur. Il hennit et vint se placer en face de lui en piaffant.
L’homme en Noir mit quelques temps à réaliser que son cheval était face à lui. A sa vue, il fit un extrême effort pour se relever, se retenant à la selle pour ne pas basculer et retomber à terre et prit le temps d’inspirer pleinement deux bouffées d’aire, puis au terme d’un long effort, plongea son bras valide dans ses fontes encore humides. Il en sortit une sacoche brune, faite d’un cuire rare, qu’on ne trouve qu’aux Rivages Noirs, une île au large du Royaumes de Nygiana. Il en sortit un petit paquet emballer de feuilles de Cycère, puis un léger récipient dans le quel il mit de l’eau.
Durant un instant la tête lui tourna et il faillit perdre connaissance à nouveau. La flèche devait être empoisonnée  pensa-t-il.
Il défit le paquet et prit une poignée de la fine poudre qui se trouvait à l’intérieur ; c’était des Racines d’Ajikhs réduites  à l’état de poudre. Il les mélangea avec l’eau du récipient se qui donna un liquide verdâtre, puis contempla d’un air songeur les vaguelettes que le brassage des deux éléments avait produit.
Il  prit son poignard et s’assit en tailleur sur les graviers avec le bol qu’il posa sur ses genoux, se trancha la paume gauche afin que son sang tombe dans le récipient, le liquide vira alors au brun sombre. Ensuite  il ferma les yeux et porta le bol à sa bouche et bu. A voir la tête qu’il faisait, cela ne devait pas avoir bon goût…
Le sang coulait toujours le long de sa main, mais il avait l’air d’être passé dans un autre état, une sorte de transe, ou l’esprit se trouve loin du corps…Il ne faisait plus aucun mouvement, plus aucun battement de cil ne pouvait être discerné.
Au loin on percevait le chant gracieux d’un Rouge Gorges, le souffle du vent dans les feuillages de buisons proches, le soleil brillait sur tout le paysage, éclairant la moindre parcelle d’ombre environnante….Quelques minutes s’écoulèrent ainsi…dans un profond silence…un silence pouvant paraître magnifique à qui savait l’entendre
Puis, d’un seul coup sa blessure au bras et sa coupure à la main devinrent petit à petit, passant du pal au presque étincelant, d’un bleu azure…épousant chaque forme de la coupure.
Au deux endroits, le bleu commença à rapetisser, pour laisser place à une peau lisse, se fondant parfaitement avec le tin de l’Homme en Noir ; en fin de conte, tout avait cicatrisé, par magie…par enchantement…par les vielles croyances.
Il ouvrit lentement les yeux et se releva avec toutes les précautions qu’on peut avoir.
Une bise se leva soudainement et alla agiter la cime des grands arbres alentours, tout en remuant la surface de l’eau par de fines ondulations.
L’homme en Noir leva la tête au ciel pour voir où en était le soleil dans  sa course folle à la conquête du ciel. Alors il entreprit  de ranger le bol et empaqueta soigneusement la poudre de Racines Ajikhs, en faisant attention à ce que l’humidité ne puisse pénétrer les feuilles.
Il jeta un dernier regard en amont de la rivière, puis enfourcha sa monture, se revêtit de sa cape et l’enroula autour de lui.
Après quelques instants songeurs, le regard troublé,épuisé et abattu, il mit Artjia au pas dans la direction de l'aval, avec l’espoir de ceux qui n’en ont plus de trouver un moyen de repasser sur l’autre rive et de parvenir aux frontières des Terres Perdues. Et peut être ensuite aller au Tribjis… enfin qui savait vraiment ou le destin pouvait conduire un homme  [...]


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