Une Autre Vie, Un Autre Monde...

Le Cycle des Larmes

Porlogue (Le Cycle des larmes)

le 19/06/2007 à 21h07

Prologue

 

C’est sous cette bise nocturne d’hiver, que, courant à travers bois, je fuyais, tel un gibier prit en chasse. La seule lueur était celle que le clair de lune projetait parmi les branchages dégarnis de feuilles, l’aire glacée de la nuit me brûlait à chaque inspiration…Mais je ne pouvais pas renoncer, me dire que tout était perdu et que ma fois tant pis. Non, il fallait continuer….j’avais promis…
Cependant ce fut cette nuit qui fit tout basculer, le ciel était dégagé de tout nuages…une nuit sans fin…Le froid était mordant, il gelait presque tous mes membres déjà endoloris depuis longtemps. Mes mains, recouvertes de mitaines noires, avaient des tremblements involontaires qui me faisaient perdre l’équilibre à certains moments, l’un de mes bras était en charpie par une chute récente, c’était lui qui avait amorti le choque.
J’avais l’impression que mes pieds martelaient le sol interminablement, cassant sous eux, des branches que le gel avait fragilisées au fil des jours. Tout le givre qui  recouvrait les fins brins d’herbe autour de moi, m’avaient fait perdre depuis longtemps tout sens de l’orientation. Ici tout était pareille. Derrière mes pas, des ombres noires dansaient en me poursuivant.
Je ne savais pas ce que c’était, ou qui, mais le sens que cela signifiait : la mort
Sans prévenir, la terre sous moi se déroba et je fis plusieurs « roulé-boulé ». Ma chute s’arrêta net, lorsque je heurtai de plein fouet, la souche d’un arbres que le temps avait dissimulé par des étranges plantes grimpantes. Un petit rocher pointu me rentrait dans le dos et m’ouvrit la peau avec douleur. Je ne sentais plus jambes, toute ma sensibilité avait disparu depuis que le froid était venu m’emprisonner de son « cocon » blanchâtre qui me recouvrait de plus en plus à chaque nouvelle culbute contre le sol.
Ma tête me donna des élancement sournois après le choque, et elle me tournait dangereusement. Quand je me remis debout, les ombres étaient presque sur moi. Sans étouffée un murmure, je pris mes jambes à mon coup  et usai de mes dernières forces pour pouvoir poser un pied devant l’autre, sans reculer. Mais cela n’était pas suffisant…Les muscle de mon corps étaient pris de convulsion, me tiraillaient avec angoisse par l’effort trop solliciter.
Je m’écroulai à une centaine de mètres plus loin, impuissant, chétif, regardant la mort s’approcher, sans que je ne puisse rien n’y faire. Elle arrivait, venait me prendre en son sein. Dans un extrême effort, je tentai de me relever, mais mes genoux fléchirent et je tombai de tout mon long en poussant un gémissement rauque qui s’éteignit plus lion. Le contrôle de mon corps m’abandonna dans ce froid, mes paupières se fermèrent doucement et je sombrai dans l’inconscience de mon esprit…Allongé dans le manteau du rude hiver.

Liens magique

Tags : textedunjour

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